De la
quantité (ποσότης)
Première définition de la quantité par essence :
De la quantité, l’une est discrète (1), et l’autre continue
(2).
La première est par exemple le nombre ou le
discours, la seconde la ligne, la surface, le solide, le temps et le lieu.
(1) Le nombre
est constitué de parties n’ayant nulle limite commune où les parties se
touchent. Par exemple, cinq est une partie de dix, mais cinq et cinq sont
séparés. Le discours (oratio) est
aussi une quantité, puisqu’on le mesure en syllabes longues ou brèves.
(2) La ligne,
en second lieu, est une quantité continue, car on peut concevoir une limite
commune où les parties se touchent. Il en est de même pour la surface et le solide, ainsi que pour le lieu
et le temps : le temps présent,
par exemple, se joint à la fois au passé et au futur.
Seconde définition de la quantité par essence :
La quantité constituée de parties qui ont entre
elles une position l’une à l’égard de
l’autre s’oppose à celle qui est constituée de parties n’ayant pas cette position réciproque ou
relative.
Par exemple, les parties de la ligne — les points — ont une position
relative : car chacune d’entre elles est située quelque part et on peut en
distinguer la situation sur le tout et sa relation par rapport au tout (la
ligne). Il en est de même pour la surface,
le solide et le lieu. D’autre part, le nombre,
le temps et le discours ne possèdent pas des parties en position réciproque :
pour le temps, le présent, le passé et le futur forment un ordre et non une
position.
La quantité par accident :
Il s’agit d’une quantité que l’on attribue à
certaines choses du fait qu’elles sont en relation avec une quantité par
essence. Par exemple, si l’on dit que le blanc est grand, il ne l’est que par
rapport à la surface ; que le mouvement est long, par rapport au temps au
cours duquel il se passe.
Les caractères de la quantité :
La quantité, tout comme la substance, ne
souffre aucun contraire. On ne dira
pas, par exemple, que long-de-trois-coudées a pour contraire
long-de-deux-coudées. Et si on affirme de quantités indéterminées que, par
exemple, le beaucoup est le contraire du peu, on ne parle plus de quantités
mais de relatifs. De plus, comment pourrions-nous donner un contraire à ce que
l’on ne peut voir en soi mais que l’on ne peut que rapporter à autre
chose ? En plus, si une chose est à la fois grande et petite, en fonction
de son comparant (ce à quoi on la compare), un même sujet pourra recevoir en
même temps les contraires, ce qui est absurde : une chose serait à
elle-même son propre contraire.
La quantité n’est pas capable de degré, de plus et de moins : une chose longue
de deux coudées ne sera pas plus ou moins longue qu’une autre chose longue de
deux coudées ; trois ou cinq ne sont pas dit être plus que trois et cinq,
ni trois plus que trois.
Le caractère spécifique de la quantité est que
l’on peut lui attribuer l’égal et
l’inégal. Par exemple, on dit d’un solide qu’il est l’égal ou l’inégal d’un
autre.
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