Des
opposés
Avant toute autre chose, disons de ce chapitre
qu’il ne s’occupe que des oppositions de terme, non de propositions ;
elles seront étudiées dans le Peri
Hermeneia.
Une chose est dite opposée de quatre façons —
ses espèces :
(1) Comme relative :
le double à la moitié, et en général tous les termes qui sont dit d’autres
choses.
(2) Comme contraire :
le mal au bien, et tous les termes qui, sans être en relation essentielle, sont
dits être contraires.
(3) Comme privation
et possession (έξις) : la cécité et la vue, qui tous
deux ont un même sujet, l’œil, et pour lequel cécité est dit privation puisque
naturellement cet organe est apte à posséder la vue.
(4) Comme affirmation
et négation : il est assis, il
n’est pas assis. Ici s’impose, au-delà de simples termes comme cités pour les
espèces de l’opposition ci-dessus, la réflexion que la chose est dite par
liaison ; du mal et du bien (contraires) les deux seront faux si leur
sujet n’existe pas :
Socrate
est malade.
Socrate
se porte bien.
Dans ces propositions contraires, il ne sera pas nécessaire que l’une sera vraie et l’autre
fausse. Certainement, si Socrate existe, il sera soit malade soit en bonne
santé ; mais s’il n’existe pas, les deux propositions seront fausses.
Mais dans des propositions d’affirmation et de
négation, il faudra toujours que l’une soit vraie et l’autre fausse, indépendamment
de l’existence du sujet. Ce caractère, appelé la contradiction, saura ainsi séparer
le vrai du faux.
Socrate
est malade.
Socrate
n’est pas malade.
Si Socrate existe, l’une de ces propositions
sera vraie, et l’autre fausse. Et s’il n’existe pas, dire qu’il est malade sera
faux ; qu’il ne l’est pas, vrai.
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