Chap. 10


Des opposés

Avant toute autre chose, disons de ce chapitre qu’il ne s’occupe que des oppositions de terme, non de propositions ; elles seront étudiées dans le Peri Hermeneia.

Une chose est dite opposée de quatre façons — ses espèces :

(1) Comme relative : le double à la moitié, et en général tous les termes qui sont dit d’autres choses.

(2) Comme contraire : le mal au bien, et tous les termes qui, sans être en relation essentielle, sont dits être contraires.

(3) Comme privation et possession (έξις) : la cécité et la vue, qui tous deux ont un même sujet, l’œil, et pour lequel cécité est dit privation puisque naturellement cet organe est apte à posséder la vue.

(4) Comme affirmation et négation : il est assis, il n’est pas assis. Ici s’impose, au-delà de simples termes comme cités pour les espèces de l’opposition ci-dessus, la réflexion que la chose est dite par liaison ; du mal et du bien (contraires) les deux seront faux si leur sujet n’existe pas :

Socrate est malade.
Socrate se porte bien.

Dans ces propositions contraires, il ne sera pas nécessaire que l’une sera vraie et l’autre fausse. Certainement, si Socrate existe, il sera soit malade soit en bonne santé ; mais s’il n’existe pas, les deux propositions seront fausses.

Mais dans des propositions d’affirmation et de négation, il faudra toujours que l’une soit vraie et l’autre fausse, indépendamment de l’existence du sujet. Ce caractère, appelé la contradiction, saura ainsi séparer le vrai du faux.

Socrate est malade.
Socrate n’est pas malade.

Si Socrate existe, l’une de ces propositions sera vraie, et l’autre fausse. Et s’il n’existe pas, dire qu’il est malade sera faux ; qu’il ne l’est pas, vrai.




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